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Agriculture urbaine

Agriculture urbaine

Pour le retour de la nature en ville, la Métropole s’engage en faveur de l’agriculture urbaine

Un plan d’action mobilisant 2,1 millions d’euros est mis en œuvre avec pour objectif de soutenir le développement de 100 projets privés et publics d’agriculture urbaine .

 


 

L’accélération du changement climatique ajoutée aux modifications des pratiques alimentaires et des attentes citoyennes incitent la Métropole à agir sur la place à accorder à l’agriculture dans son développement urbain. D’autant que notre territoire agricole unique a des atouts, une histoire et un savoir-faire.

Des jardins partagés de Miramas à la ferme urbaine Terre de mars à Marseille, les initiatives d’agriculture urbaine très diverses, allant des exploitations agricoles sur les franges de la ville aux productions spécialisées sur les toits et terrasses intra-muros, se multiplient donnant une nouvelle dimension au territoire. Celle d’une métropole plus verte, plus solidaire et plus attractive.


En effet, l’agriculture urbaine est un outil multi-facette agissant à la fois en faveur du retour de la nature en ville, de l’accès des habitants à des produits frais, du renforcement de l’attractivité des centres-villes et de la cohésion sociale dans les quartiers dits « prioritaires ».
La Métropole Aix-Marseille-Provence met en œuvre un Plan d’action en faveur de l’agriculture urbaine, dont elle a adopté les axes stratégiques le 24 octobre 2019, confirmant son engagement pour une agriculture et une alimentation plus durables, ainsi que sa volonté de dynamiser le territoire.


Qu’est-ce que l’agriculture urbaine ? 

Les définitions de l’agriculture urbaine sont multiples. La Métropole englobe sous ce terme l’agriculture intra-urbaine, c’est-à-dire la production alimentaire en milieu urbain, et l’agriculture périurbaine, qui est pratiquée dans les périphéries des villes. En périurbain, l’activité agricole est principalement le fait d’agriculteurs professionnels. Dans les villes, l’agriculture intra-urbaine peut être professionnelle ou non, à vocation avant tout économique ou plutôt sociale. Elle investit des toitures ou autres espaces urbains délaissés et réinvente les pratiques agricoles. Ces deux types d’agriculture urbaine s’entremêlent sur notre territoire.  

 

Un plan en deux phases

La Métropole Aix-Marseille-Provence s’engage dans la mise en œuvre d’un plan d’action en faveur de l’agriculture urbaine destiné à répondre aux enjeux alimentaires, environnementaux et sociaux des milieux urbains et périurbains. Cette démarche est en synergie avec les stratégies métropolitaines. Elle s’inscrit dans le cadre plus large du Projet métropolitain, adopté en juin 2018, de l’Agenda environnemental présenté en décembre 2018 par la Métropole et le Département, du Projet alimentaire territorial engagé en mars 2019 et du Plan climat-air-énergie en cours 
 

 

En tant que politique pilote, le plan d’action portera, à partir de la fin 2019, sur un périmètre test, celui de Marseille, un territoire à potentiel et qui compte 120 hectares de terres agricoles non valorisés. L’existence d’acteurs spécialisés sur lesquels s’appuyer constitue une opportunité. Dans un second temps, cette politique pourra être étendue car l’ambition est de placer la Métropole au rang des grandes Métropoles européennes en matière d’agriculture urbaine.
 

Des objectifs ambitieux

  • Une Métropole qui produit local et frais, qui fait entrer l’agriculture dans la ville pour sensibiliser à une alimentation saine et mieux faire connaître la richesse de l’agriculture métropolitaine ;
  • Une Métropole plus verte où l’agriculture est mobilisée pour lutter contre les îlots de chaleur, réduire les risques et préserver la biodiversité;
  • Une Métropole plus solidaire qui dynamise le lien social et améliore le cadre de vie de ses habitants.


Des mesures concrètes

Dans sa première phase de mise en œuvre, ce plan totalise 30 actions phares incluant la mise en place de dispositifs publics dont bénéficieront les 100 initiatives d’agriculture urbaine recensées sur Marseille, encore confrontées à de nombreuses difficultés administratives et économiques. 

Parmi les 30 actions phares, ont été mis en œuvre en 2020 : 

  • Le lancement de deux appels à projets sur des terres agricoles, à Saint Menet et à Sainte-Marthe (Marseille, 11ème et 14ème). 
  • Le soutien à la création de deux fermes urbaines à Marseille, dans le quartier des Aygalades (la ferme Capricorne, portée par la Cité de l’agriculture) et sur le site des lycées des calanques-Marseilleveyre (la ferme des Calanques, portée par Campus Nature Provence en partenariat avec Cultures permanentes). 
  • L’amélioration des tarifs et des conditions d’accès à l’eau agricole, pour une meilleure adéquation avec les besoins des agriculteurs.trices urbains.es; 
  • Un meilleur accès au soutien technique pour les porteurs de projets, via le renforcement de l’action et de l’équipe de la Cité de l’agriculture, qui fédère aujourd’hui le réseau d’agriculteurs.trices urbains.es le plus important de France ;
  • L’installation, de mars à décembre, d’une halle de producteurs en demi-gros à la Barasse (Marseille, 11ème),  offrant des produits locaux de qualité  à des prix inférieurs de 20% en moyenne aux prix  pratiqués dans le commerce; 
  • La conduite d’expérimentations en soutien au développement de l’agriculture urbaine, de la réutilisation des déchets verts par l’agriculture aux solutions d’optimisation de la logistique urbaine du dernier km pour les fruits et légumes des producteurs locaux, en lien avec le MIN des Arnavaux (Marseille, 14ème) ;


Les chiffres-clés

  • Plus de 40 hectares de terre mis ou remis en culture sur le territoire de Marseille ;
  • Plus de 20 exploitations agricoles professionnelles installées ou financées ;
  • 2,1 millions d’euros dédiés à l’agriculture urbaine en 2020-2021.


Une charte pour favoriser l’installation de nouveaux agriculteurs

La Métropole a signé le 15 octobre, en préambule à son plan d’action pour l’agriculture urbaine, une charte avec l’Association française d’agriculture urbaine professionnelle (AFAUP). Le but est de favoriser l’installation d’exploitations professionnelles en zone urbaine par le lancement de plusieurs appels à projets. À travers cette signature, la Métropole s’engage à : 

  • S’inscrire dans une démarche collaborative de développement durable ;
  • Favoriser une agriculture contribuant en même temps à la production, à la protection des ressources naturelles, à l’équilibre du territoire et à l’emploi ;
  • Maintenir les exploitations agricoles existantes ;
  • Soutenir les démarches d’économie circulaire et d’insertion sociale ;
  • Garantir la maîtrise foncière des sites concernés par des futurs appels à projets et la possibilité d’y réaliser un projet durable ;
  • Veiller à l’installation d’un projet agricole économiquement viable et cohérent ;
  • Établir une contractualisation claire et équilibrée avec l’exploitant favorisant notamment une juste rémunération.

Des actions menées en totale cohérence avec le Projet alimentaire territorial (PAT)
 

 

Marseille : une ferme urbaine aux portes des Calanques pour former les agriculteurs urbains de demain

Née en 2020, la ferme pédagogique des Calanques, située dans le 8e arrondissement de Marseille, est un lieu d’expérimentation et d’apprentissage de l’autonomie alimentaire et de la permaculture, soit selon Le Larousse « un mode d’agriculture fondé sur les principes de développement durable, se voulant respectueux de la biodiversité et de l’humain et consistant à imiter le fonctionnement des écosystèmes naturels ».

Elle est portée par le Campus Nature Provence d’Aix-Valabre Marseille avec Cultures Permanentes, et se développe sur le lycée des Calanques et deux parcelles mises à disposition par le lycée Marseilleveyre.

Soutenue par la Métropole Aix-Marseille-Provence et le ministère de l'Agriculture, le projet s’inscrit dans une démarche à la fois :

  • éducative en direction des scolaires ;
  • de formation sur les thématiques de la transition écologique, sociale et solidaire ; 
  • pédagogique en direction de tous.

 

En 2020, plus de 400 heures de formation ont été dispensées sur le site, 60 arbres et 200 arbustes plantés en faveur d’un retour de la biodiversité, et 1600 kg de légumes commercialisés sur place ou auprès de la cantine du lycée des Calanques.